LE « TAMPON MÉDICAL »

par Alain Héluwaert,
médecin du sport

extrait de REMOUS
le bulletin d'information de la L.I.F.C.K.
mis à jour le 3 octobre 2009

 

L'examen médical de non contre-indication à la pratique des sports représente pour beaucoup une des corvées de la rentrée. Comme toute obligation légale donc inéluctable, elle heurte l'esprit individualiste du pagayeur. Elle part cependant d'une excellente intention, la loi ne faisant que ratifier l'expérience des entraîneurs et des médecins  : l'effort physique peut être révélateur d'affections graves notamment cardio-vasculaires  ; des maladies ne sont pas compatibles avec certaines formes de pratique  ; il y a une grande méconnaissance de l'hygiène sportive (principes de préservation ou d'amélioration de la santé par le sport). Cet examen est obligatoire pour la pratique de la compétition et désormais exigé pour l'inscription en club, car il décharge les dirigeants en cas d'incident.

Plutôt que de rechercher une prestation minimaliste voire de tenter d'extorquer en fin d'une consultation le coup de tampon, je vous suggère d'exploiter au mieux cette « révision annuelle ».

Premier point : la consultation doit être réalisée au cabinet du médecin et exclusivement consacrée à l'examen orienté vers la pratique sportive : parlez de votre acné un autre jour. Autant que possible, évitez le mois de septembre où le médecin risque fort d'être surchargé et moins disponible.

Le médecin doit consacrer suffisamment de temps à cet examen  : est-ce toujours le cas lors des examens à la chaîne en centre médico-sportif ? les différents temps en sont :
- L'interrogatoire sur les antécédents familiaux et personnels, sur la prise de médicaments et les habitudes (alcool, tabac, alimentation), sur la pratique et les objectifs envisagés.
- La biométrie : mesures du poids, de la taille, de l'index corporel, éventuellement de la masse grasse, des fonctions respiratoires.
- L'examen clinique : auscultation, inspection du dos, des membres, examen orienté sur les antécédents et les plaintes.
- Épreuve d'effort, vérifiant l'adaptation cardio-vasculaire à l'effort, avec prise de pression artérielle et de la fréquence cardiaque avant, pendant, après. Cette épreuve est variable selon le niveau d'activité, l'âge, les facteurs de risque cardio-vasculaire, l'équipement du médecin : au minimum un test de Ruffier-Dickson avec électro-cardiogramme, au mieux un test maximal sur ergomètre et sous monitoring de l'électro-cardiogramme. Les sujets de plus de 39 ans, n'ayant pas une pratique régulière, fumeurs ou présentant d'autres facteurs de risque se verront prescrire une épreuve d'effort en milieu cardiologique.
- Vérification des fonctions sensorielles (audition et vision), de l'état bucco-dentaire, des vaccinations.
- Examens biologiques : un dépistage de carence en fer ou de facteurs de risques biologiques peut être prescrit selon le contexte.

Cet examen se conclura par des conseils d'autant plus adaptés qu'ils émaneront d'un médecin compétent en médecine du sport (c'est écrit sur sa plaque et dans l'annuaire), connaissant la pathologie liée au canoë-kayak…