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les risques liés à la contamination fécale

Page réalisée par Alain HELUWAERT
docteur en médecine, médecin du sport
mise à jour le 24/3/2009

 

Les micro-organismes fécaux
Les eaux peuvent être polluées par les égouts, les lisiers d'élévages, les déjections de la faune locale. Les germes retrouvés proviennent soit des intestins humains (égouts, baigneurs, riverains), soit de déjections animales (élevage, avifaune). Il s'agit en majorité de micro-organismes non pathogènes pour l'être humain. Parmi eux se mêlent des bactéries, parasites et virus pathogènes qui résultent des pathologies humaines locales (escherichia coli entéropathogènes, shigelles, rotavirus, entérovirus, gardia) et du portage microbien des élevages ou de l'avifaune (salmonelles, campilobacter). Certains de ces micro-organismes peuvent survivre dans l'eau douce pendant plusieurs semaines. L'eau, le plus souvent trouble, peut être d'apparence limpide. Les micro-organimes pathogènes se concentrent dans des coquillages filtreurs (huitres, moules) qui deviennent alors fortement infectieux et peuvent être à l'origine de toxi-infections alimentaires communautaires (TIAC).
Les contrôles micro-biologiques portent sur des marqueurs de pollution fécale et non sur les organismes pathogènes. Ils servent à définir le niveau de qualité de l'eau qui a valeur règlementaire pour les eaux de baignade et informative pour les activités nautiques.
L'information est portée par le site institutionnel Eaux de baignade  : http://baignades.sante.gouv.fr/navigMap.do?idCarte=baignades_metropole&listeActive=dpt#a

Leurs effets sur la santé
La contamination nécessite l'ingestion d'une quantité suffisante de micro-organismes et donc d'eau polluée, variable selon le germe et la personne contaminée.
Les études épidémiologiques portant sur les activités nautiques autres que la baignade ne relèvent qu'une faible augmentation du nombre de gastro-entérites chez les sujets exposés à l'eau polluée. Il y a en effet un important "bruit de fond" de diarrhées provoquées par les infections d'origine alimentaire (mauvaise conservation des aliments) et le manque d'hygiène corporelle. Il y a un risque potentiel d'infections cutanées, ORL (infection du conduit auditif dite "otite externe") et respiratoires (syndrômes grippaux).
Des affections plus sévères, liées aux entérovirus, menacent le jeune enfant et l'adulte immunodéprimé au cours d'une baignade.
La pratique de la baignade augmente la quantité d'eau ingérée et donc le risque d'infection.
Lors d'une pratique hors d'Europe de l'Ouest, le risque de contamination par poliovirus, salmonelles typhiques, virus de l'hépatite A est réel : une vaccination préalable contre ces agents infectieux est indispensable (Revaxis®, Tyavax®).

Micro-organismes
pathologie
Aeromonas
infections de plaies, gastro-entérites
Campylobacter jejuni
gastro-entérites
Cryptosporidium
gastro-entérites
Escherichia coli entéropathogènes
gastro-entérites
Gardia
gastro-entérites
Pseudomonas
otites externes, dermatites infectieuses
Salmonella
gastro-entérites, TIAC
ShigeIla
gastro-entérites fébriles
Rotavirus
gastro-entérites fébriles, TIAC
Entérovirus non polio
pharyngites, synd. grippal, synd. pied-main-bouche, méningite, péricardite

Quelles précautions individuelles ?
Dans la mesure du possible, le pagayeur averti choisira son site de pratique en tenant compte du niveau de pollution fécale.
Il convient de limiter l'ingestion d'eau de la rivière ou bassin ainsi que le contact cutané :
- en n'utilisant pas cette eau pour l'alimentation (boisson, cuisine) ;
- en ne se baignant pas en dehors des zônes autorisées ;
- en ne pratiquant pas une activité à risque d'ingestion d'eau par dessalages ou esquimautages répétés (kayak-polo ou entraînement à l'esquimautage) dans une zone suspecte ;
- en se douchant et se changeant après la séance nautique ;
- en lavant les tenues et en rinçant et sèchant les combinaisons et botillons en néoprène utilisés ;
- en asséchant les conduits auditifs externes au sèche-cheveux (sujets exposés à l'otite externe).

Les coquillages bivalves filtrent l'eau et peuvent concentrer des bactéries (salmonelles) ou virus pathogènes. Lorsqu'ils sont consommés crus ou mal cuits, il peuvent provoquer des toxi-infections alimentaires (gastro-entérites à rotavirus) ou des maladies infectieuses (foyer d'hépatite A en baie de Paimpol, août 2007). Il convient de respecter les interdictions de pêche à pied et de consommation de coquillages diffusées par les médias locaux et en général de ne pas consommer les bivalves d'eau douce.

Les vaccinations contre la polio (Revaxis®), l'hépatite A et la typhoïde (Tyavax®) s'imposent dès que l'on envisage une pratique en dehors de l'Europe de l'Ouest.

Sources :
- Fewtrel L , Godfree AF, Jones F, Kay D, SALMON RL, Wyer MD : Health effects of white-water canoeing. Lancet 1992;339: 1587-89
- Fewtrell L ,Kay D, Salmon RL, Wyer MD, Newman G, Bowering G: The Health Effects of Low-Contact Water Activities in Fresh and Estuarine Waters. IWEM. 1994, 8, February, p 97-101
- Guidelines for Safe Recreational-water Environments: Coastal and Fresh-waters,WORLD HEALTH ORGANIZATION, Geneva October 1998.